La co-animation formateurs-étudiantes infirmières en 3ème année : le duo gagnant
Cette année, l’Institut de Formations en Santé de Villefranche sur Saône a innové en termes de pédagogie : la formation aux gestes d’urgence des étudiants infirmiers de 1ère année (L1) a été co-animée par un binôme formateur validant et 5 étudiantes infirmières en 3ème année (L3).
La formation aux gestes d’urgence : un incontournable pour les futurs professionnels de santé
Tous les étudiants infirmiers doivent valider cette Unité d’Enseignement (UE 4.3 semestre 2) pour prétendre au diplôme d’Etat infirmier.
En effet, de par leur futur métier, en contact avec des patients, ils risquent d’être confrontés à tout moment à une situation d’urgence et ils doivent savoir la gérer.
Cette formation d’une durée de 21h aborde les urgences vitales (obstruction des voies aériennes, arrêt cardio-respiratoire, accouchement inopiné…) et relatives (brûlure, malaise, traumatologie…).
Les situations sanitaires exceptionnelles font aussi partie des sujets abordés du fait de leur fréquence de plus en plus élevée :
- Canicule
- Epidémie
- Risque chimique, biologique...
Ces situations sont particulières du fait du nombre élevé de victimes potentielles.
La formation est basée sur des méthodes d’apprentissage par la simulation : les étudiants se retrouvent face à des situations scénarisées et agissent.
Ainsi, le binôme de co-animateurs apprend aux étudiants à identifier une urgence et à la prendre en charge seul ou en équipe en attendant l’arrivée des secours adaptés.
La présence des étudiants en L3 : une plus-value
Jusqu’alors cette formation était animée par un binôme de formateurs de l’IFS.
Cette année, l’équipe pédagogique a décidé d’innover en incluant des étudiants en fin de formation. Sur la base du volontariat, 5 binômes formateur-étudiante ont été formés.
Cette nouveauté a apporté une vraie plus-value à ces temps :
- Moins de réticence pour les étudiants de L1 à manipuler les victimes lors des scénettes de simulation dès lors qu’elles étaient jouées par leur collègue de L3.
- Moins de retenu pour poser des questions entre pairs.
- Moins de stress lors des mises en situation.
- Importance des temps informels entre étudiants d’années de formation différentes.
Les temps de pauses ont aussi apporté beaucoup en termes d’échange et de réassurance sur le cursus. Une étudiante de L1 rapporte : « J’ai l’impression de ne rien savoir mais quand je vois le niveau en fin de formation je me dis que je peux y arriver et je suis rassurée ».
S’essayer en pédagogie
Ces 5 étudiantes volontaires de L3 transmettent un témoignage très positif de cette expérience :
- Elles ont pu remobiliser leurs connaissances.
- Elles sont conscientes de leur futur rôle d’encadrement des stagiaires et ont apprécié d’apprendre et de se tester dans cet exercice.
- Elles ont également pu repérer des difficultés comme mobiliser l’apprenant ou gérer la dynamique de groupe.
Une expérience gagnant – gagnant
Les formateurs ont également apprécié ces temps d’échange avec des étudiantes en fin de formation : ils ont été riches, forces de proposition et sources de motivation et de dynamisme.
Ainsi, en regard de cette pratique innovante, est-il encore nécessaire de vouloir prouver l’impact de la formation entre pairs dans le développement de connaissances et compétences
Riche de cette expérience, de l’impact sur les étudiants tant de L1 que L3, j’envisage de reconduire cette formation sur ce modèle. Et pourquoi ne pas envisager aussi de transférer cet méthodologie innovante à d’autres enseignements comme sur le principe des classes inversées ou des parcours avec des patients experts ?
Auteur : Stéphanie MENDIOLA, cadre de santé formatrice